Les visiteurs du Vieux Lyon se pressent souvent entre Saint-Paul et la cathédrale, sans pousser jusqu’au bout de la rue. Grave erreur : Saint-Georges, à Lyon, offre une version plus calme et plus habitée du quartier Renaissance, avec ses cours, ses traboules discrètes, ses petites boutiques et ses restaurants de quartier. Entre Saône et colline, on y ressent mieux qu’ailleurs l’atmosphère d’un vieux Lyon qui vit pour ses habitants et pas seulement pour les touristes. Ce guide fait partie de notre dossier sur les quartiers de Lyon.
Situer Saint-Georges dans le Vieux Lyon
Le Vieux Lyon se compose traditionnellement de trois quartiers alignés le long de la rive droite de la Saône, au pied de Fourvière : Saint-Paul au nord, Saint-Jean au centre, autour de la cathédrale, et Saint-Georges au sud. L’ensemble fait partie du site historique de Lyon inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1998, et il a été l’un des premiers secteurs sauvegardés de France, dans les années 1960, ce qui a permis de préserver ses façades et ses cours.
Saint-Georges s’étend grosso modo des abords de l’avenue Adolphe-Max, au sud de la cathédrale, jusqu’à l’église Saint-Georges et au-delà, en direction du quartier de la Quarantaine. Son axe principal est la rue Saint-Georges, étroite et sinueuse, parallèle à la Saône.
Un peu d’histoire
Le quartier doit son nom à son église, aux origines très anciennes. Au Moyen Âge, elle était liée à une commanderie des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, l’ordre qui deviendra plus tard l’ordre de Malte. L’édifice actuel, néogothique, a été reconstruit au XIXe siècle par l’architecte Pierre Bossan, celui-là même qui dessinera ensuite la basilique de Fourvière.
À partir du XVIe siècle, Saint-Georges devient l’un des premiers foyers de la soierie lyonnaise : c’est dans ces maisons étroites, au bord de la Saône, que travaillent les premiers tisseurs, bien avant que l’arrivée des métiers Jacquard, au XIXe siècle, ne pousse les canuts vers les immeubles plus vastes de la Croix-Rousse. Le quartier garde de cette époque des maisons à plusieurs étages, des escaliers à vis et des cours intérieures.
Comme le reste du Vieux Lyon, Saint-Georges a connu un long déclin aux XIXe et XXe siècles, avec des logements dégradés et même des projets de démolition, avant la vague de sauvegarde et de restauration qui a fait du quartier ce qu’il est aujourd’hui.
Que voir à Saint-Georges : notre parcours
- La rue Saint-Georges : partez du sud de la cathédrale et remontez-la lentement. Levez les yeux vers les façades, poussez les portes des allées ouvertes, repérez les enseignes anciennes et les petits commerces d’artisans.
- Les traboules et cours : moins nombreuses et moins fréquentées que dans le quartier Saint-Jean, certaines traboules de Saint-Georges relient la rue au quai. Respectez les horaires d’ouverture et le calme des résidents.
- La place de la Trinité : au croisement de la rue Saint-Georges et de la montée du Gourguillon, cette petite place est dominée par la maison dite du Soleil, que la tradition associe au décor du théâtre de Guignol.
- La montée du Gourguillon : l’une des plus anciennes voies de Lyon, qui grimpe raide vers Saint-Just et Fourvière. Pavés, murs de pierre et échappées sur la ville : prévoyez de bonnes chaussures.
- L’église Saint-Georges : son clocher pointu se reflète dans la Saône. Admirez sa silhouette depuis le quai, puis entrez si elle est ouverte.
- La passerelle Saint-Georges : cette passerelle piétonne suspendue relie le quartier à la Presqu’île, côté quai Tilsitt, à deux pas de Bellecour et d’Ainay. Arrêtez-vous au milieu pour la vue sur Fourvière et les quais.
Comptez une heure à une heure et demie à pied, davantage si vous montez par le Gourguillon jusqu’aux théâtres romains de Fourvière.
Ambiance et bonnes pratiques
Saint-Georges est un quartier résidentiel avant d’être touristique. En journée, l’ambiance est tranquille, avec des familles, des artisans et quelques groupes de visiteurs ; le soir, les restaurants s’animent sans l’effervescence du quartier Saint-Jean. Pour profiter du lieu :
- venez tôt le matin ou en fin d’après-midi pour la lumière sur les façades et la Saône ;
- parlez à voix basse dans les traboules et les cours, qui sont des parties communes d’immeubles habités ;
- évitez la voiture : les rues sont étroites et le stationnement quasi impossible en surface ;
- combinez la visite avec une promenade sur les quais de Saône, réaménagés en promenade.
Où manger et boire un verre à Saint-Georges
Le quartier compte une belle densité de restaurants pour sa taille. Voici où chercher :
- Rue Saint-Georges : bouchons et restaurants de cuisine lyonnaise, crêperies, petites tables de cuisine du monde, salons de thé. Pour les bouchons, fiez-vous au label officiel de l’association « Les Bouchons Lyonnais » plutôt qu’à la vitrine.
- Autour de la place de la Trinité et de la montée du Gourguillon : quelques adresses plus confidentielles, idéales pour une pause après la montée.
- Sur les quais de Saône : bancs et terrasses pour profiter de la vue sur la Presqu’île.
Les prix sont souvent légèrement inférieurs à ceux des adresses les plus touristiques de la rue Saint-Jean. Réservez le week-end et pendant les grands événements, comme la Fête des Lumières début décembre. Pour boire un verre plus tard, les pubs et bars du Vieux Lyon se concentrent plutôt vers Saint-Jean et Saint-Paul ; notre guide dans quel quartier sortir à Lyon vous aide à choisir votre soirée.
Vivre à Saint-Georges
Habiter Saint-Georges, c’est choisir le charme : appartements anciens avec poutres, tomettes et escaliers à vis, vue sur la Saône ou sur les toits, ambiance de village au cœur de la ville. Les contraintes sont réelles : rares ascenseurs, logements parfois sombres au rez-de-chaussée, isolation perfectible, règles strictes du secteur sauvegardé pour les travaux, stationnement difficile (le parking souterrain Saint-Georges, au bord de la Saône, est une solution précieuse) et affluence touristique certains week-ends. Pour une vie plus pratique, avec métro au pied de l’immeuble et logements plus récents, les Lyonnais regardent souvent de l’autre côté du Rhône, vers le 7e arrondissement, plus étendu et plus abordable.
Infos pratiques
- Métro D : station Vieux Lyon – Cathédrale Saint-Jean, puis 5 à 10 minutes à pied vers le sud.
- Funiculaires : depuis la station Vieux Lyon, la ligne vers Saint-Just (arrêt Minimes – Théâtres romains) permet de monter sans effort et de redescendre par le Gourguillon.
- À pied : depuis Bellecour, traversez la Saône par la passerelle Saint-Georges, environ 10 minutes.
- Voiture : parking souterrain Saint-Georges, au bord de la Saône.
- Vélo’v : stations sur les quais de Saône.
- Durée : une à deux heures, une demi-journée avec la montée vers Fourvière.
Questions fréquentes
Où se trouve le quartier Saint-Georges à Lyon ?
Saint-Georges est la partie sud du Vieux Lyon, dans le 5e arrondissement, entre la cathédrale Saint-Jean et l’église Saint-Georges, sur la rive droite de la Saône face à la Presqu’île.
Comment rejoindre Saint-Georges depuis Bellecour ?
Le plus agréable est de marcher jusqu’au quai Tilsitt et de traverser la Saône par la passerelle Saint-Georges, soit une dizaine de minutes ; en métro, prenez la ligne D jusqu’à Vieux Lyon puis marchez vers le sud.
Quelle est la différence entre Saint-Georges et Saint-Jean ?
Saint-Jean, autour de la cathédrale, est le cœur touristique du Vieux Lyon, très fréquenté ; Saint-Georges, plus au sud, est plus résidentiel et plus calme, avec une rue commerçante plus intime et des restaurants de quartier.
Qu’est-ce que la montée du Gourguillon ?
C’est une rue pavée très pentue, l’une des plus anciennes de Lyon, qui relie la place de la Trinité, à Saint-Georges, au plateau de Saint-Just et à Fourvière.
Peut-on se garer dans le quartier Saint-Georges ?
Mieux vaut éviter la voiture : les rues sont étroites et le stationnement en surface est quasi impossible. La solution la plus pratique est le parking souterrain Saint-Georges, situé au bord de la Saône. Sinon, privilégiez le métro D jusqu’à la station Vieux Lyon, ou venez à pied depuis Bellecour par la passerelle Saint-Georges.
Combien de temps faut-il pour visiter Saint-Georges ?
Comptez une heure à une heure et demie à pied pour parcourir la rue Saint-Georges, les traboules, la place de la Trinité, l’église et la passerelle. Si vous montez par la montée du Gourguillon jusqu’aux théâtres romains de Fourvière, prévoyez plutôt une demi-journée, avec de bonnes chaussures pour les pavés.
Sources
- UNESCO — site historique de Lyon, inscrit en 1998.
- ONLYLYON Tourisme et Congrès — Vieux Lyon et traboules.
- Ville de Lyon et mairie du 5e arrondissement — patrimoine et secteur sauvegardé.
- Association Les Bouchons Lyonnais — label des bouchons.
- TCL / Sytral Mobilités — métro D et funiculaires.
Des pentes de la Croix-Rousse aux quais de Gerland, retrouvez tous nos guides des quartiers de Lyon.
Horaires d’ouverture des traboules, informations TCL et dates d’événements indicatifs à la date de mise à jour (automne 2026), à vérifier auprès des organismes concernés.

