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Histoire & patrimoine

Lugdunum, la Lyon romaine : histoire et vestiges de la capitale des Gaules

En bref — Lugdunum, la Lyon romaine, a été fondée en 43 av. J.-C. et est devenue en quelques décennies la capitale des Gaules, avec son sanctuaire fédéral, son atelier monétaire et ses quatre aqueducs. Il en reste des vestiges spectaculaires : le grand théâtre et l’odéon de Fourvière, l’amphithéâtre des Trois Gaules sur les pentes de la Croix-Rousse, des arches d’aqueduc dans l’ouest lyonnais. Commencez par le musée Lugdunum, dont les baies donnent directement sur les théâtres.

Sous les pavés de Lyon dort une capitale antique. Lugdunum, la Lyon romaine, fut pendant trois siècles l’une des villes majeures de l’Occident, siège du gouverneur de la Gaule lyonnaise et point de ralliement politique des soixante peuples gaulois. Ce chapitre fondateur de notre dossier sur l’histoire et le patrimoine de Lyon vous explique comment la ville est née, à quoi elle ressemblait et où en retrouver la trace aujourd’hui, du sommet de Fourvière aux faubourgs de l’ouest.

Une fondation rapide et stratégique

En 43 av. J.-C., un an après l’assassinat de César, le sénat charge Lucius Munatius Plancus, gouverneur de la Gaule chevelue, d’installer une colonie de citoyens romains au confluent du Rhône et de la Saône. Le lieu est idéal : un plateau facile à défendre, deux fleuves navigables, une position au croisement des routes vers le Rhin, l’Atlantique et la Méditerranée. Le nom, d’origine celte, associe probablement le dieu Lug et le terme dunum, qui désigne une hauteur fortifiée.

Le succès est fulgurant. Sous Auguste, Agrippa fait de Lugdunum le point de départ de son réseau de grandes voies à travers la Gaule. La ville devient capitale de la province de Lyonnaise et abrite l’un des rares ateliers monétaires impériaux d’Occident, qui frappe l’or et l’argent. Pour replacer cette période dans la longue durée, notre chronologie complète de l’histoire de Lyon reprend la suite des événements jusqu’à nos jours.

Une ville sur trois sites

Lugdunum n’était pas concentrée sur la seule colline. Elle s’organisait en trois ensembles complémentaires.

  • La ville haute de Fourvière : le cœur civique, avec le forum (dont le nom a donné Fourvière, du latin forum vetus), les temples, les théâtres, les riches demeures à mosaïques.
  • Condate, sur les pentes de l’actuelle Croix-Rousse : le territoire fédéral des Trois Gaules, avec l’autel dédié à Rome et Auguste et l’amphithéâtre.
  • Les canabae, sur la Presqu’île et les îles de l’époque : le quartier des entrepôts, des commerces et des nautes, ces puissantes corporations de bateliers qui tenaient le trafic fluvial.

Capitale des Gaules : le sanctuaire fédéral

Le 1er août 12 av. J.-C., Drusus, beau-fils d’Auguste, inaugure l’autel des Trois Gaules. Chaque année à cette date, les délégués des soixante cités de l’Aquitaine, de la Lyonnaise et de la Belgique s’y réunissent pour célébrer le culte impérial et tenir assemblée. C’est ce rôle politique et religieux qui vaut à Lugdunum son titre de capitale des Gaules.

L’empereur Claude y naît le 1er août 10 av. J.-C. En 48, il prononce devant le Sénat un discours en faveur de l’accès des notables gaulois aux magistratures romaines. Ce texte, gravé sur bronze, a été retrouvé en 1528 sur les pentes de la Croix-Rousse : c’est la fameuse Table claudienne, pièce maîtresse du musée. Un autre empereur, Caracalla, naîtra lui aussi à Lugdunum en 188.

Que voir aujourd’hui : le parcours antique

Le grand théâtre et l’odéon

Construit sous Auguste puis agrandi au IIe siècle, le grand théâtre pouvait accueillir environ 10 000 spectateurs ; c’est le plus ancien théâtre romain de France. Juste à côté, l’odéon, plus petit, était destiné à la musique et à la déclamation ; son orchestre conserve un dallage de marbres colorés. Les gradins, restaurés au XXe siècle, accueillent chaque été le festival des Nuits de Fourvière : assister à un concert dans un théâtre bimillénaire reste une expérience rare.

Le musée Lugdunum

Enterré dans la colline par l’architecte Bernard Zehrfuss et ouvert en 1975 sous le nom de musée gallo-romain, rebaptisé Lugdunum – Musée & Théâtres romains en 2017, il déroule ses collections le long d’une rampe de béton. À ne pas manquer : la Table claudienne, la mosaïque des jeux du cirque, le calendrier gaulois de Coligny, les inscriptions funéraires qui racontent la vie quotidienne des Lyonnais antiques.

L’amphithéâtre des Trois Gaules

Sur les pentes de la Croix-Rousse, dans le 1er arrondissement, subsiste une partie de l’amphithéâtre inauguré en 19 apr. J.-C. C’est là que furent suppliciés en 177 les martyrs chrétiens, dont Blandine et Pothin. Le site, dégagé partiellement, se voit depuis la rue ; il fait le lien naturel avec le quartier qui deviendra, dix-sept siècles plus tard, celui des canuts et de la soierie lyonnaise.

Les aqueducs

Pour alimenter une ville perchée, les Romains ont construit quatre aqueducs : ceux du Mont-d’Or, de l’Yzeron, de la Brévenne et du Gier. Ce dernier, long d’environ 86 kilomètres, est le mieux conservé : ses arches se voient notamment à Chaponost et à Beaunant, à la sortie sud-ouest de Lyon. D’autres vestiges ponctuent la colline, comme les thermes de la rue des Farges, et des tronçons d’aqueduc réapparaissent ici et là au détour des rues de Saint-Just et de Saint-Irénée.

Le déclin et l’héritage

En 197, la bataille qui oppose Septime Sévère à Clodius Albinus sous les murs de la ville tourne au désastre pour Lugdunum, qui avait soutenu le vaincu. Au IIIe siècle, les aqueducs cessent peu à peu de fonctionner, et la population descend vers les bords de Saône. La capitale administrative glisse vers Trèves, mais le christianisme, implanté dès le IIe siècle avec Irénée, fait de Lyon un centre religieux majeur. Ce que Rome lègue à la ville est considérable : son site, son rang, et une trame urbaine que les fouilles préventives continuent d’enrichir à chaque chantier.

Infos pratiques

  • Accès : métro D jusqu’à Vieux Lyon – Cathédrale Saint-Jean, puis funiculaire vers Saint-Just (arrêt Minimes – Théâtres romains) ou vers Fourvière, à quelques minutes à pied du site. À pied, comptez vingt bonnes minutes de montée par la montée du Chemin-Neuf.
  • Horaires : les théâtres en plein air sont en général accessibles gratuitement tous les jours ; le musée est habituellement fermé le lundi.
  • Budget : entrée au musée à tarif modeste, avec réductions et gratuités selon les cas ; vérifiez les conditions sur le site officiel.
  • Meilleur moment : en fin de journée, quand la lumière rasante souligne les gradins ; au printemps et à l’automne pour éviter la chaleur.

Questions fréquentes

Qui a fondé Lugdunum ?

Lugdunum a été fondée en 43 av. J.-C. par Lucius Munatius Plancus, ancien lieutenant de Jules César devenu gouverneur de la Gaule chevelue, sur ordre du sénat romain.

Pourquoi Lugdunum était-elle la capitale des Gaules ?

La ville abritait le sanctuaire fédéral des Trois Gaules, où les délégués des soixante cités gauloises se réunissaient chaque année, ainsi que le gouverneur de la Lyonnaise et un atelier monétaire impérial ; elle était aussi le nœud du réseau routier d’Agrippa.

Peut-on visiter gratuitement les théâtres romains de Fourvière ?

Oui, le grand théâtre et l’odéon sont en principe en accès libre en journée, en dehors des soirs de spectacle ; seul le musée Lugdunum voisin est payant.

Quels empereurs sont nés à Lyon ?

Claude, né en 10 av. J.-C., et Caracalla, né en 188, sont tous deux nés à Lugdunum, ce qui témoigne de l’importance de la ville au sein de l’Empire.

Que voir au musée Lugdunum ?

Enterré dans la colline par l’architecte Bernard Zehrfuss et ouvert en 1975, le musée déroule ses collections le long d’une rampe de béton. À ne pas manquer : la Table claudienne, la mosaïque des jeux du cirque, le calendrier gaulois de Coligny et les inscriptions funéraires. Il est habituellement fermé le lundi : vérifiez les horaires sur le site officiel.

Que reste-t-il des aqueducs romains de Lyon ?

Les Romains ont construit quatre aqueducs pour alimenter la ville : ceux du Mont-d’Or, de l’Yzeron, de la Brévenne et du Gier. Ce dernier, long d’environ 86 kilomètres, est le mieux conservé, avec des arches visibles notamment à Chaponost et à Beaunant, à la sortie sud-ouest de Lyon. Des tronçons réapparaissent aussi à Saint-Just et Saint-Irénée.

Sources

  • Lugdunum – Musée & Théâtres romains (Métropole de Lyon).
  • Service archéologique de la Ville de Lyon.
  • Archives municipales de Lyon.
  • ONLYLYON Tourisme et Congrès ; TCL/Sytral.
Poursuivre le voyage dans le temps
Après les Romains, découvrez les autres grandes époques de la ville dans notre dossier histoire et patrimoine de Lyon, et réservez une visite guidée de Fourvière pour lire les vestiges avec un spécialiste.

Horaires, tarifs et accès indicatifs à la date de mise à jour (automne 2026), à vérifier auprès du musée Lugdunum et des TCL avant votre visite.

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