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3 bonnes raisons d’aller à la Biennale de Lyon

Parce qu’elle est jeune

Ils sont sept, sept commissaires d’exposition venus tout droit du Palais de Tokyo pour proposer un parcours d’art contemporain à Lyon. Une équipe jeune, sensible aux enjeux écolo, queer et décoloniaux de l’art contemporain. La cinquantaine d’artistes qu’ils ont choisi pour investir le macLYON, les anciennes usines Fagor et la presqu’île leur ressemble : nouveaux venus de l’art, ils sont pour la plupart nés dans les années 80 et 90, comme ici l’artiste Eva L’Hoest, née en 1991. Et ils viennent de partout : Nico Vascellari est italien, Megan Rooney est née en Afrique du Sud, Victor Yudaev est russe, Thao Nguyen Phan vietnamienne, Dale Harding australien… Résultat ? On découvre beaucoup dans cette Biennale qui parie sur les vents nouveaux.

Parce qu’elle est monumentale

C’est une grande première, et qui vaut assurément le coup d’œil : auparavant répartie au macLYON et à la Sucrière, la Biennale de Lyon délaisse cette dernière (6000 mètres carrés) pour les anciennes usines Fagor, qui accueillent également le festival des Nuits Sonores et qui s’étendent sur pas moins de 29 000 mètres carrés. Un véritable territoire, habité par la tragédie des 200 ouvriers licenciés en 2013 et que les artistes ont été invités à prendre en compte dans ce qu’il avait de complexe et d’exceptionnel. Bilan : les œuvres sont monumentales et hors normes, s’installent du sol au plafond, remuent, coulent, s’enfoncent, s’élèvent. Telle cette rivière lumineuse signée Minouk Lim. Claque sensationnelle assurée.

Parce qu’elle est politique

On pourra lui reprocher d’être bavarde, fausse, obscène. Il n’empêche : cette Biennale, critiquée sévèrement par la presse nationale, reflète fidèlement les préoccupations politiques de la jeune création contemporaine. (Aussi, pour la production de leurs oeuvres, les artistes ont travaillé avec des entreprises locales, signalées sur chaque cartel.) Aux usines FagorThao Nguyen Phan nous parle de l’histoire coloniale de la France et du Vietnam, et Marie Reinert donne à entendre les sons qui entourent les travailleurs ; Gaëlle Choisne, au macLYON, nous parle urgence environnementale à travers une installation où les fils électriques côtoient des filets d’eau qui coulent et Nina Chanel Abney s’étale sur toute la façade pour faire danser des corps hybrides, à la fois noirs, bruns et blancs. Le débat est donc lancé : à vous, visiteurs, d’y réfléchir !

  • Biennale de Lyon
  • de septembre 2022 à janvier 2023
  • Au macLYON, aux anciennes usines Fagor et sur la presqu’île

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