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3 bonnes raisons d’aller à la Biennale de Lyon

Si tu te demandes pourquoi cette édition de la Biennale de Lyon a autant fait parler d’elle, la réponse est simple : elle bouscule les habitudes. Entre une programmation très jeune, des œuvres monumentales et des sujets franchement politiques, cette édition 2022-2023 ne cherche pas seulement à exposer de l’art contemporain. Elle veut aussi faire réagir, questionner et parfois déranger.

Concrètement, si tu prépares ta visite ou si tu veux simplement comprendre ce qui rend cette Biennale différente des précédentes, l’essentiel est là : des commissaires venus du Palais de Tokyo, une sélection d’artistes internationaux, un nouveau lieu spectaculaire aux anciennes usines Fagor, et des œuvres qui parlent d’écologie, de colonialisme, de travail ou d’identités multiples. C’est ce mélange qui fait sa singularité.

L’essentiel a retenir : cette Biennale de Lyon 2022-2023 se distingue par une programmation jeune, des œuvres monumentales et un fort angle politique.

  • Sept commissaires du Palais de Tokyo ont imaginé le parcours.
  • La sélection met en avant une cinquantaine d’artistes internationaux.
  • Les anciennes usines Fagor offrent un espace immense de 29 000 m².
  • Les œuvres abordent l’écologie, le colonialisme et les identités.
  • La Biennale se déploie au macLYON, à Fagor et sur la presqu’île.
  • Le visiteur est invité à regarder, mais aussi à réfléchir.

Parce qu’elle est jeune

Ce qui frappe d’abord, c’est l’énergie de cette édition. Les sept commissaires d’exposition viennent du Palais de Tokyo, un lieu reconnu pour son regard pointu sur la création contemporaine. Dans les faits, cela se ressent tout de suite dans le choix des artistes et dans le ton général de l’exposition : on est sur quelque chose de très actuel, de très connecté aux débats d’aujourd’hui.

La Biennale met en avant une cinquantaine d’artistes, souvent nés dans les années 1980 et 1990. Ce point est important, parce qu’il change la lecture de l’ensemble. Tu ne viens pas voir une rétrospective figée ou une sélection consensuelle. Tu entres dans un parcours porté par une génération qui travaille avec d’autres références, d’autres urgences et d’autres manières de raconter le monde.

En pratique, cela donne une exposition plus nerveuse, plus libre et parfois plus déroutante. On y croise des artistes venus de plusieurs continents : l’Italien Nico Vascellari, la Sud-Africaine Megan Rooney, le Russe Victor Yudaev, la Vietnamienne Thao Nguyen Phan ou encore l’Australien Dale Harding. Ce choix international n’est pas anecdotique : il enrichit la visite et évite une lecture trop centrée sur un seul point de vue.

Si tu aimes l’art contemporain quand il prend des risques, cette dimension est un vrai atout. Si, au contraire, tu cherches des repères plus classiques, il faut le savoir : cette Biennale assume une forme d’audace. C’est précisément ce qui la rend intéressante.

Parce qu’elle est monumentale

C’est l’un des grands changements de cette édition : la Biennale quitte la Sucrière pour investir les anciennes usines Fagor. Et ce n’est pas un simple changement de décor. On passe d’un espace de 6 000 m² à un site de 29 000 m². Dans la pratique, cela transforme complètement l’expérience de visite.

Les œuvres disposent enfin d’une ampleur rare. Certaines s’étirent du sol au plafond, d’autres envahissent l’espace comme des installations totales. Tu ne regardes plus seulement une œuvre : tu te déplaces à l’intérieur d’un environnement. Ce type de scénographie change tout, parce qu’il donne au corps du visiteur une place centrale.

Le lieu lui-même porte une mémoire forte. Les anciennes usines Fagor ont été marquées par la fermeture du site et le licenciement de 200 ouvriers en 2013. Ce contexte n’est pas décoratif ; il fait partie du sens de la visite. Les artistes ont été invités à tenir compte de cette histoire industrielle et sociale. Résultat : le lieu n’est pas neutre, et c’est ce qui donne de la profondeur à l’ensemble.

Concrètement, cela signifie que certaines œuvres prennent une dimension presque physique. La rivière lumineuse de Minouk Lim, par exemple, ne se contente pas d’être belle : elle occupe l’espace, capte le regard et crée une sensation d’immersion. Si tu aimes les expositions qui impressionnent par l’échelle, tu es clairement dans le bon endroit.

Il faut simplement t’y préparer : une exposition monumentale demande du temps, de la marche et un regard attentif. Si tu vas vite, tu risques de passer à côté de ce qui fait sa force. Le bon réflexe, c’est d’avancer sans te presser, en laissant chaque installation respirer.

Parce qu’elle est politique

Cette Biennale ne cache pas ses intentions : elle prend position. Et c’est probablement l’un des points qui la rendent la plus discutée. Elle aborde des sujets sensibles, parfois de manière frontale, avec une volonté assumée de faire réagir. Dans les faits, cela peut déstabiliser, mais c’est aussi ce qui donne du relief à la visite.

On constate souvent que les expositions les plus marquantes sont celles qui ne se contentent pas d’être jolies. Ici, les artistes parlent de l’urgence environnementale, des traces du colonialisme, des conditions de travail ou encore des identités hybrides. Ce sont des thèmes lourds, mais ils sont traités à travers des formes visuelles fortes, ce qui les rend plus accessibles qu’un discours purement théorique.

À Fagor, Thao Nguyen Phan explore l’histoire coloniale entre la France et le Vietnam. Marie Reinert donne à entendre les sons qui entourent les travailleurs, ce qui crée une présence presque sensible du monde ouvrier. Au macLYON, Gaëlle Choisne associe fils électriques et filets d’eau pour évoquer l’urgence écologique. Et sur la façade, Nina Chanel Abney déploie des corps hybrides, noirs, bruns et blancs, dans une composition qui interroge la représentation des identités.

Ce que cela change pour toi, en tant que visiteur, c’est que tu n’es pas seulement face à des objets artistiques. Tu es face à des prises de parole. Certaines œuvres peuvent te séduire immédiatement, d’autres te résister, d’autres encore te mettre mal à l’aise. C’est normal. Dans l’art contemporain, ce malaise fait parfois partie de l’expérience.

La Biennale a d’ailleurs été critiquée pour son caractère bavard ou provocateur. Mais si tu regardes le fond, elle reflète assez fidèlement les préoccupations d’une partie de la création actuelle. Et c’est ce qui la rend crédible : elle ne cherche pas à lisser son propos pour plaire à tout le monde.

Ce qu’il faut retenir avant de visiter

Si tu veux profiter pleinement de cette Biennale, il vaut mieux arriver avec une idée claire de ce que tu vas trouver. Ce n’est pas une exposition à parcourir rapidement entre deux rendez-vous. C’est une visite qui demande de la disponibilité mentale et un peu de curiosité.

  • Prévois du temps, surtout pour les anciennes usines Fagor.
  • Attends-toi à des œuvres de très grande échelle.
  • Ne cherche pas seulement la beauté : cherche aussi le sens.
  • Lis les cartels, ils aident à comprendre les enjeux sociaux et politiques.
  • Accepte qu’une partie des œuvres puisse te dérouter.

Dans la pratique, le meilleur état d’esprit consiste à alterner observation et réflexion. Regarde les formes, mais écoute aussi ce qu’elles racontent. C’est souvent là que la Biennale devient vraiment intéressante.

Les erreurs fréquentes à éviter

La première erreur, c’est de vouloir tout voir trop vite. Avec un parcours aussi vaste, tu risques de saturer avant même d’avoir compris ce que tu regardes. Mieux vaut sélectionner les espaces et prendre le temps de t’arrêter.

La deuxième erreur, c’est de penser que l’art contemporain doit forcément être immédiatement lisible. En réalité, certaines œuvres demandent un effort d’attention. Si tu rencontres ce problème, commence par te demander : qu’est-ce que l’artiste fait ressentir ? Qu’est-ce que le lieu change à la lecture ? Qu’est-ce que le cartel m’apprend ?

Enfin, il ne faut pas réduire cette Biennale à ses polémiques. Oui, elle peut diviser. Mais dans les faits, c’est souvent le signe qu’elle touche à des questions réelles. Ce qu’il faut éviter, c’est de rester bloqué sur l’idée que “j’aime” ou “je n’aime pas” sans aller plus loin. L’intérêt est justement dans ce qu’elle déclenche.

FAQ

Pourquoi cette Biennale est-elle qualifiée de jeune ?

Parce qu’elle est portée par sept commissaires venus du Palais de Tokyo et par une sélection d’artistes majoritairement issus des générations 1980 et 1990. Cela donne une exposition en prise directe avec les enjeux actuels. Dans les faits, le parcours est plus audacieux, plus international et plus ancré dans les débats contemporains.

Pourquoi cette Biennale est-elle monumentale ?

Parce qu’elle investit les anciennes usines Fagor, un site de 29 000 m², bien plus vaste que la Sucrière. Ce changement d’échelle permet d’accueillir des œuvres beaucoup plus grandes et immersives. Concrètement, la visite devient une expérience spatiale autant qu’artistique.

Pourquoi cette Biennale est-elle politique ?

Parce qu’elle traite frontalement de sujets comme l’écologie, le colonialisme, le travail ou les identités. Les œuvres ne se contentent pas d’être esthétiques : elles prennent position. Cela implique une visite plus engageante, parfois dérangeante, mais aussi plus stimulante.

Où se déroule la Biennale de Lyon ?

Elle se déroule au macLYON, dans les anciennes usines Fagor et sur la presqu’île. Ces trois lieux donnent une lecture différente de l’exposition. En pratique, il faut prévoir une visite organisée pour profiter de l’ensemble.

Faut-il aimer l’art contemporain pour apprécier cette Biennale ?

Non, mais il faut accepter de ne pas tout comprendre immédiatement. Cette Biennale est accessible si tu prends le temps de regarder et de lire les explications. Si tu es curieux, tu peux y trouver une vraie porte d’entrée vers l’art contemporain.


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