Demandez à un Lyonnais où voir la ville d’en haut sans la foule de Fourvière : il y a de bonnes chances qu’il vous réponde « au jardin des Curiosités ». Ce jardin de Lyon, discret au bout d’une place résidentielle de Saint-Just, cache l’un des plus beaux balcons de la ville, et une histoire qui le relie au Québec. C’est aussi une excellente porte d’entrée vers Saint-Just, quartier perché que les visiteurs traversent rarement alors qu’il concentre des vestiges parmi les plus anciens de Lugdunum. Ce guide fait partie de notre dossier sur les lieux phares de Lyon.
Un jardin offert par Montréal
Le jardin est né d’un échange entre deux villes liées par une longue coopération. En 2000, pour marquer vingt ans de relations entre Lyon et Montréal, la métropole québécoise a offert ce jardin à Lyon, qui lui a rendu la pareille avec un « jardin de Lyon » aménagé à Montréal. Le site lyonnais a ouvert au public en août 2001. C’est pourquoi la Ville de Lyon le recense aussi sous le nom de jardin de proximité Montréal.
Sa conception a été confiée à une équipe québécoise : les architectes de l’agence Daoust Lestage, les paysagistes de Vlan Paysages et le sculpteur Michel Goulet. Inspirés des « pocket parks » nord-américains, ces petits espaces verts glissés dans le tissu urbain, ils ont imaginé un lieu simple, tourné tout entier vers la vue.
Ce que l’on vient y voir
Le panorama
Depuis la terrasse, le regard embrasse la Presqu’île et ses clochers, les deux fleuves que l’on devine, la Croix-Rousse au nord, la Part-Dieu et sa tour à l’est. Par temps clair, les Alpes se dessinent à l’horizon. La vue diffère de celle de l’esplanade de Fourvière : plus au sud, plus en retrait, elle place la basilique sur votre gauche et met au premier plan les toits du Vieux Lyon, notamment le quartier Saint-Georges.
Les chaises de Michel Goulet
Six chaises sculptées, fixées au sol et orientées dans des directions différentes, invitent à multiplier les points de vue. Chacune porte des inscriptions qui jouent sur ce que l’on voit, ce qui est absent et ce que l’on imagine. L’une d’elles rappelle que « des hauteurs de Lyon, à la limite du regard », on peut parfois apercevoir le sommet du Mont Blanc, à plus de cent cinquante kilomètres. Prenez le temps de les lire toutes : elles transforment la contemplation en petit jeu.
Un espace de quartier
Le jardin reste avant tout un lieu de voisinage : bancs, pelouse, un espace réservé aux chiens, des enfants du quartier en fin de journée. On y pique-nique volontiers, à condition de repartir avec ses déchets.
Saint-Just, le quartier autour du jardin
Le jardin est une bonne raison de découvrir Saint-Just, quartier du haut de la colline, calme et résidentiel, dont les rues portent la mémoire de la ville antique et chrétienne.
- L’église Saint-Just : elle a succédé à une grande abbaye détruite lors des guerres de Religion, au XVIe siècle, et a été rebâtie ensuite dans un style classique.
- Les vestiges de la basilique paléochrétienne : non loin, un site archéologique conserve les fondations d’une basilique des premiers siècles chrétiens, bâtie dans une nécropole de Lugdunum.
- L’église Saint-Irénée : dédiée au deuxième évêque de Lyon, elle abrite une crypte parmi les plus anciennes de la ville et domine un calvaire d’où la vue porte aussi loin.
- Les tombeaux romains de Trion : place Eugène-Wernert, des monuments funéraires antiques rappellent que ce secteur se trouvait à la sortie de la ville romaine.
- L’aqueduc du Gier : quelques arches de cet ouvrage qui alimentait Lugdunum en eau restent visibles dans le quartier, le long de la rue Roger-Radisson, en direction de Fourvière.
Parcours conseillé : de Saint-Just au Vieux Lyon
- Montée en funiculaire F1 depuis la station Vieux Lyon (métro D) jusqu’au terminus Saint-Just, en un peu plus de trois minutes.
- Tour de Saint-Just : église, vestiges paléochrétiens, église Saint-Irénée (45 minutes à pied, en flânant).
- Jardin des Curiosités, par la rue des Farges ou la rue de Trion, pour une pause panoramique d’une demi-heure.
- Descente à pied par la montée du Gourguillon, rue pavée et raide, l’une des plus anciennes de Lyon, qui débouche dans le quartier Saint-Georges (15 minutes).
- Fin de balade dans le Vieux Lyon, puis au bord de la Saône.
Vous pouvez aussi faire le chemin en sens inverse, depuis Fourvière : descendez vers les théâtres romains, puis poursuivez vers Saint-Just et le jardin (20 minutes). Une fois redescendu au bord de l’eau, prolongez la promenade le long des quais et des passerelles, présentés dans notre guide des quais et ponts de Lyon. Et si l’Antiquité vous passionne, prenez le temps de visiter le théâtre antique de Fourvière, à une station de funiculaire.
Quand y aller et bonnes pratiques
Le jardin regarde vers l’est et le nord-est : en fin d’après-midi, le soleil est dans votre dos et la Presqu’île prend une lumière dorée, parfaite pour les photos. Le matin, la ville est à contre-jour mais l’horizon alpin est souvent plus net. Les journées d’hiver claires, après un épisode de vent du nord, offrent la meilleure visibilité.
C’est un jardin de proximité, pas un site touristique : pas de buvette, peu de place, des riverains tout autour. Parlez bas le soir, évitez les enceintes et respectez les horaires de fermeture, en particulier en été, lorsque le jardin reste ouvert jusqu’à 22 h. Le week-end, les photographes et les couples y sont nombreux au coucher du soleil ; en semaine, vous l’aurez presque pour vous.
Infos pratiques
- Adresse : place de l’Abbé-Larue, Lyon 5e, accès par la rue des Farges ou la rue de Trion.
- Accès : funiculaire F1 jusqu’à Saint-Just puis environ 5 à 10 minutes à pied ; bus depuis Bellecour ; ou une vingtaine de minutes de marche depuis Bellecour via le Vieux Lyon et la montée du Gourguillon.
- Horaires indicatifs : de 8 h à 19 h, et jusqu’à 22 h du 1er mai au 30 septembre.
- Tarif : gratuit.
- Durée : 20 à 30 minutes pour le jardin, une demi-journée avec Saint-Just et la descente vers le Vieux Lyon.
Questions fréquentes
Le jardin des Curiosités est-il gratuit ?
Oui, c’est un jardin public géré par la Ville de Lyon, en accès libre et gratuit aux horaires d’ouverture, soit de 8 h à 19 h, et jusqu’à 22 h de mai à septembre, à titre indicatif.
Comment aller au jardin des Curiosités ?
Le plus simple est de prendre le funiculaire F1 depuis la station Vieux Lyon jusqu’au terminus Saint-Just, puis de rejoindre à pied la place de l’Abbé-Larue en quelques minutes par la rue des Farges ou la rue de Trion.
Pourquoi l’appelle-t-on aussi jardin de Montréal ?
Parce qu’il a été offert par la ville de Montréal pour célébrer vingt ans de coopération avec Lyon, et conçu par une équipe québécoise ; Lyon a en retour offert un jardin à Montréal.
Quel est le meilleur moment pour la vue ?
La fin d’après-midi et le coucher du soleil, quand la lumière vient de l’ouest et éclaire la Presqu’île ; pour apercevoir les Alpes, préférez une journée d’hiver claire et sèche.
Que voir autour du jardin des Curiosités à Saint-Just ?
Le quartier de Saint-Just est une bonne raison de prolonger la visite : on y trouve l’église Saint-Just, les vestiges d’une basilique paléochrétienne, l’église Saint-Irénée avec sa crypte, les tombeaux romains de Trion et quelques arches de l’aqueduc du Gier. Comptez une demi-journée avec la descente vers le Vieux Lyon par la montée du Gourguillon.
Peut-on pique-niquer au jardin des Curiosités ?
Oui, on y pique-nique volontiers, à condition de repartir avec ses déchets. C’est toutefois un jardin de proximité, pas un site touristique : il n’y a pas de buvette, peu de place et des riverains tout autour. Évitez les enceintes, parlez bas le soir et respectez les horaires de fermeture, surtout en été lorsqu’il reste ouvert plus tard.
Sources
- Ville de Lyon — fiche du jardin de proximité Montréal (jardin des Curiosités).
- ONLYLYON Tourisme et Congrès — le jardin des Curiosités.
- TCL / Sytral Mobilités — funiculaire F1.
- Archives municipales de Lyon — histoire du quartier Saint-Just.
À une station de funiculaire, découvrez les gradins et l’histoire du théâtre antique de Fourvière, en accès libre.
Horaires et conditions d’accès indicatifs à la date de mise à jour (automne 2026), à vérifier auprès de la Ville de Lyon.

