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Gastronomie lyonnaise

Les vins du Beaujolais et des Côtes du Rhône : le guide autour de Lyon

En bref — Lyon est encadrée par deux grands vignobles : au nord, le Beaujolais, royaume du gamay, avec ses appellations beaujolais, beaujolais-villages et ses dix crus (Brouilly, Côte de Brouilly, Chénas, Chiroubles, Fleurie, Juliénas, Morgon, Moulin-à-Vent, Régnié, Saint-Amour) ; au sud, les Côtes du Rhône septentrionales, domaine de la syrah et du viognier (Côte-Rôtie, Condrieu, Château-Grillet, Saint-Joseph, Crozes-Hermitage, Hermitage, Cornas, Saint-Péray). Dans les bouchons, le vin se boit au pot de 46 cl. Le Beaujolais nouveau arrive le troisième jeudi de novembre, soit le 19 novembre en 2026.

« Lyon est arrosée par trois fleuves : le Rhône, la Saône et le Beaujolais. » La formule, attribuée à Léon Daudet, résume l’attachement des Lyonnais à leurs vignobles. Le vin fait partie intégrante de la gastronomie lyonnaise, et deux régions se partagent les tables de la ville : le Beaujolais, au nord, et les Côtes du Rhône septentrionales, au sud. Ce guide vous présente leurs appellations, leurs cépages et leurs styles, les accords avec la cuisine locale et les bons réflexes pour acheter ou visiter.

Le Beaujolais, le vignoble des Lyonnais

Le vignoble du Beaujolais s’étend au nord de Lyon, sur une cinquantaine de kilomètres, des environs de l’agglomération jusqu’aux portes du Mâconnais. Un cépage y règne presque sans partage : le gamay noir à jus blanc, qui donne des vins rouges fruités, souples et gouleyants, souvent vinifiés selon la macération semi-carbonique, une méthode en grappes entières qui exalte le fruit.

Deux grands terroirs se distinguent. Au sud, autour du pays des Pierres Dorées, dont les villages de calcaire ocre donnent leur nom au secteur, les sols argilo-calcaires produisent surtout l’appellation beaujolais. Au nord, les sols de granite et de schiste, plus pauvres, accueillent les beaujolais-villages et les crus, plus structurés et plus aptes à la garde.

Les trois niveaux d’appellation

  • Beaujolais : l’appellation de base, en rouge surtout, mais aussi en rosé et en blanc (à partir de chardonnay).
  • Beaujolais-villages : une sélection de communes, principalement dans le nord, pour des vins plus concentrés.
  • Les dix crus : des appellations communales ou de secteur, qui peuvent afficher leur nom seul sur l’étiquette.

Les dix crus du Beaujolais

CruStyle en quelques mots
Saint-AmourLe plus septentrional, fruité et tendre
JuliénasCharpenté, fruits rouges et épices
ChénasLe plus confidentiel, floral et structuré
Moulin-à-VentPuissant, le cru de garde par excellence
FleurieÉlégant et floral, souvent décrit comme le plus féminin
ChiroublesLéger et vif, le cru des hauteurs
MorgonCharnu, célèbre pour sa côte du Py
RégniéLe dernier reconnu comme cru, fruité et souple
BrouillyLe plus étendu, rond et fruité
Côte de BrouillySur les pentes du mont Brouilly, plus minéral

Le Beaujolais nouveau

Le Beaujolais nouveau est un vin primeur, vinifié rapidement après les vendanges pour être bu jeune. Depuis 1985, sa commercialisation démarre le troisième jeudi de novembre, soit le 19 novembre en 2026. À Lyon, les bars, les bouchons et les cavistes fêtent son arrivée dès le soir, et le vignoble organise ses propres festivités. Un moment convivial, à distinguer des crus, beaucoup plus ambitieux.

Les Côtes du Rhône septentrionales, les grands vins du sud de Lyon

Au sud de Lyon, de Vienne jusqu’aux environs de Valence, la vallée du Rhône se resserre entre des coteaux abrupts, souvent aménagés en terrasses. C’est la partie septentrionale des Côtes du Rhône, bien distincte du sud de la vallée (Châteauneuf-du-Pape, Gigondas…) par son climat plus frais et ses cépages. Ici, un seul cépage rouge : la syrah. En blanc, le viognier, la marsanne et la roussanne.

Les huit crus septentrionaux

  • Côte-Rôtie : sur la rive droite, autour d’Ampuis, des pentes vertigineuses et des rouges de syrah pouvant intégrer une part de viognier. Ses deux coteaux emblématiques sont la côte Brune et la côte Blonde.
  • Condrieu : juste au sud, un grand blanc 100 % viognier, aux arômes d’abricot et de fleurs blanches.
  • Château-Grillet : l’une des plus petites appellations de France, enclavée dans Condrieu, également en viognier.
  • Saint-Joseph : une longue bande sur la rive droite, en rouge (syrah) et en blanc (marsanne, roussanne), souple et accessible.
  • Hermitage : la colline de Tain-l’Hermitage, sur la rive gauche, pour des rouges puissants et de grands blancs de garde.
  • Crozes-Hermitage : la plus vaste appellation septentrionale, autour de l’Hermitage, au rapport qualité-prix souvent intéressant.
  • Cornas : en face de Valence, des rouges 100 % syrah, sombres et charpentés.
  • Saint-Péray : la plus méridionale, des blancs de marsanne et de roussanne, tranquilles ou effervescents.

Ces crus côtoient l’appellation régionale côtes-du-rhône, présente dans toute la vallée, qui fournit une bonne partie des vins servis au pot dans les bouchons. Aux portes de Lyon, l’appellation coteaux-du-lyonnais, plus confidentielle, produit elle aussi des vins de gamay, principalement rouges.

Le vin au bouchon : le pot lyonnais

Dans un bouchon, on ne commande pas une bouteille, on commande un pot. Ce flacon en verre épais contient 46 cl et se reconnaît à son fond très épais. On y sert le vin de la maison, traditionnellement un beaujolais ou un côtes-du-rhône. Pour un vin plus ambitieux, la carte propose souvent des crus en bouteille, à des prix raisonnables comparés à d’autres grandes villes.

Les accords avec la cuisine lyonnaise

  • Cochonnailles, saucisson brioché, andouillette : un beaujolais-villages, un brouilly ou un morgon, servis légèrement frais.
  • Quenelle sauce Nantua : un blanc, du mâcon au condrieu pour les grandes occasions, ou un beaujolais blanc.
  • Volaille de Bresse à la crème : un saint-joseph ou un crozes-hermitage blanc, ou un fleurie.
  • Plats mijotés, gibier : une syrah du nord de la vallée, crozes-hermitage, cornas ou côte-rôtie.
  • Fromages : un moulin-à-vent avec le saint-marcellin, un blanc frais avec la cervelle de canut.

Notre guide des spécialités lyonnaises vous aidera à composer le menu, et pour le dessert, notre sélection de pâtisseries et pralines de Lyon se marie volontiers avec un saint-péray effervescent.

Acheter et visiter depuis Lyon

Acheter en ville

Les cavistes de la Presqu’île, du Vieux Lyon et du 6e arrondissement proposent de larges sélections des deux vignobles, tout comme les cavistes des Halles Paul Bocuse, au 102, cours Lafayette. Côté budget, et à titre indicatif, un beaujolais-villages reste très abordable, les crus du Beaujolais se situent dans une gamme intermédiaire, tandis que les côte-rôtie, hermitage et condrieu relèvent des grands vins, avec des prix nettement plus élevés.

Visiter les vignobles

Le Beaujolais se rejoint en une quarantaine de minutes en voiture depuis Lyon, ou en TER jusqu’à Villefranche-sur-Saône ou Belleville. Villages de pierres dorées, caveaux de dégustation, routes des crus : tout est détaillé dans notre guide pour visiter le Beaujolais. Pour les Côtes du Rhône septentrionales, Vienne est à une trentaine de kilomètres au sud et accessible en TER ; Ampuis, Condrieu et Tain-l’Hermitage se visitent facilement en voiture sur une journée. Pensez à réserver les visites de domaines à l’avance et à désigner un conducteur sobre.

Questions fréquentes

Quels sont les dix crus du Beaujolais ?

Saint-Amour, Juliénas, Chénas, Moulin-à-Vent, Fleurie, Chiroubles, Morgon, Régnié, Brouilly et Côte de Brouilly, tous situés dans la partie nord du vignoble, sur des sols majoritairement granitiques.

Quelle est la différence entre Beaujolais et Côtes du Rhône ?

Le Beaujolais, au nord de Lyon, produit surtout des rouges de gamay, fruités et souples, tandis que les Côtes du Rhône septentrionales, au sud, élaborent des rouges de syrah plus puissants et de grands blancs de viognier, marsanne et roussanne.

Quand sort le Beaujolais nouveau ?

Il est commercialisé chaque année le troisième jeudi de novembre, soit le 19 novembre en 2026, et son arrivée est fêtée dans les bars et bouchons lyonnais comme dans le vignoble.

Qu’est-ce que le pot lyonnais ?

C’est la bouteille traditionnelle des bouchons, en verre épais, d’une contenance de 46 cl, avec un fond très épais, dans laquelle on sert le vin de la maison, le plus souvent un beaujolais ou un côtes-du-rhône.

Qu’est-ce que la Côte-Rôtie ?

La Côte-Rôtie est une appellation de la rive droite du Rhône, autour d’Ampuis, aux pentes vertigineuses. Elle produit des rouges de syrah pouvant intégrer une part de viognier. Ses deux coteaux emblématiques sont la côte Brune et la côte Blonde. C’est l’un des grands vins des Côtes du Rhône septentrionales, au sud de Lyon.

Quel vin choisir avec une quenelle sauce Nantua ?

Pour une quenelle sauce Nantua, privilégiez un blanc : du mâcon au condrieu pour les grandes occasions, ou un beaujolais blanc. Avec les cochonnailles, le saucisson brioché ou l’andouillette, un beaujolais-villages, un brouilly ou un morgon, servis légèrement frais, s’accordent bien. À consommer avec modération.

Sources

  • Inter Beaujolais — appellations et crus du Beaujolais.
  • Inter Rhône — appellations des Côtes du Rhône septentrionales.
  • Institut national de l’origine et de la qualité (INAO) — cahiers des charges des appellations.
  • ONLYLYON Tourisme et Congrès — œnotourisme autour de Lyon.
Envie de goûter à la source ?
Réservez une visite de domaine ou une dégustation grâce à notre guide pour visiter le Beaujolais au départ de Lyon.

Informations et prix indicatifs à la date de mise à jour (automne 2026), à vérifier auprès des domaines et cavistes. L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.

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