Le Beaujolais est la campagne des Lyonnais, celle où l’on file le dimanche pour déjeuner en terrasse face aux vignes. Pour bien visiter le Beaujolais, il faut toutefois savoir qu’il y a deux Beaujolais : un sud de collines douces et de pierres couleur miel, et un nord plus granitique, où se succèdent les appellations les plus réputées. Ce guide, qui s’inscrit dans notre rubrique que faire autour de Lyon, vous aide à choisir votre itinéraire, vos étapes et votre façon de circuler.
Le Beaujolais en quelques repères
Le vignoble s’étend sur une cinquantaine de kilomètres du nord au sud, entre les monts du Beaujolais à l’ouest et la vallée de la Saône à l’est. Sa capitale historique est Villefranche-sur-Saône, à une trentaine de kilomètres de Lyon. Le cépage roi est le gamay, qui donne des rouges fruités, du beaujolais primeur aux crus de garde.
Le territoire est aussi labellisé Géoparc mondial UNESCO depuis 2018, en raison de la grande variété de ses sols et roches : calcaires dorés au sud, granites et schistes au nord. Cette géologie explique à la fois la couleur des villages et la diversité des vins, que nous détaillons dans notre article sur les vins du Beaujolais et des Côtes du Rhône.
Le sud : le pays des Pierres Dorées
C’est la partie la plus proche de Lyon, souvent surnommée la « petite Toscane » lyonnaise. Les maisons, les églises et les murets y sont bâtis dans un calcaire riche en oxyde de fer qui prend une teinte ocre-dorée au soleil couchant.
Les villages à ne pas manquer
- Oingt (commune du Val d’Oingt) : village perché classé parmi les Plus Beaux Villages de France, avec sa tour, son église et ses ruelles d’artisans. La vue embrasse toute la vallée de l’Azergues.
- Theizé : village étiré sur une crête, avec son château de Rochebonne et son église.
- Châtillon-d’Azergues : château médiéval et chapelle perchés au-dessus du bourg.
- Bagnols, Jarnioux, Ternand : autant de haltes pour un café, une photo ou une balade entre les vignes.
Les Pierres Dorées se prêtent à une boucle d’une demi-journée : sortie A6 à Anse ou Villefranche, puis petites routes par Theizé, Oingt et Châtillon avant de revenir par la vallée de l’Azergues.
Le nord : la route des dix crus
Au-delà de Villefranche, les coteaux se redressent et les villages portent les noms des dix crus du Beaujolais : Brouilly, Côte de Brouilly, Régnié, Morgon, Chiroubles, Fleurie, Moulin-à-Vent, Chénas, Juliénas et Saint-Amour. Chacun a son caractère, du plus léger (Chiroubles) au plus charpenté (Moulin-à-Vent, Morgon).
Les points de vue
- Le mont Brouilly : on monte en voiture ou à pied jusqu’à la chapelle Notre-Dame-aux-Raisins, d’où l’on voit la plaine de la Saône et, par temps clair, les Alpes.
- La chapelle de la Madone de Fleurie : elle domine le vignoble de Fleurie, belle balade courte au milieu des vignes.
- Le col du Fût d’Avenas et les hauteurs de Chiroubles : panoramas sur les crus depuis la route des crêtes.
Un clin d’œil littéraire : Vaux-en-Beaujolais, dans les vallons à l’ouest de Villefranche, a inspiré le Clochemerle de Gabriel Chevallier. Le village joue volontiers de cette notoriété.
Comment organiser votre visite
En voiture
C’est le moyen le plus souple. Comptez environ 30 à 40 minutes pour les Pierres Dorées et 50 minutes à 1 heure pour les crus du nord par l’A6, hors bouchons. Les routes de vignes sont étroites et sinueuses : roulez doucement, surtout pendant les vendanges, quand les tracteurs circulent.
En train et à vélo
Le TER relie Lyon (Part-Dieu ou Perrache) à Villefranche-sur-Saône en une trentaine de minutes, et certaines gares du nord (Belleville, Romanèche-Thorins) sont desservies par la ligne vers Mâcon. Le vélo électrique, loué sur place, permet ensuite de rejoindre les caves. Le relief est réel : visez un parcours de 30 à 40 kilomètres maximum si vous n’êtes pas entraîné.
Avec un guide
Des visites guidées au départ de Lyon, en minibus, permettent de déguster sans se soucier du volant. C’est l’option la plus sûre si toute la bande veut goûter les crus.
Dégustations et bonnes pratiques
Beaucoup de domaines accueillent au caveau, mais pas tous sans rendez-vous : appelez la veille, surtout le dimanche et pendant les vendanges (généralement de fin août à fin septembre). Les maisons des vins et caveaux collectifs de certains villages sont une bonne entrée en matière pour comparer plusieurs producteurs. Crachoir, eau et pain sont vos alliés : la route du retour vers Lyon est fréquentée. Le Beaujolais se prête aussi aux accords avec la cuisine lyonnaise, et les auberges de village servent souvent andouillette, salade lyonnaise ou coq au vin.
Manger et dormir sur place
Le déjeuner est le moment clé de la journée : auberges de village, tables de chefs installées dans d’anciennes maisons vigneronnes et guinguettes saisonnières se partagent le terrain. Le dimanche midi, réservez systématiquement, les Lyonnais ayant la même idée que vous. Côté hébergement, le Beaujolais compte surtout des chambres d’hôtes et des gîtes dans des domaines, quelques hôtels de charme et des adresses plus classiques autour de Villefranche. Dormir sur place permet de profiter de la lumière du soir sur les Pierres Dorées, souvent la plus belle, et de reprendre la route vers Lyon l’esprit tranquille.
Quand venir ?
- Printemps : vignes qui débourrent, lumière douce, peu de monde.
- Septembre-octobre : vendanges puis couleurs d’automne, la plus belle période pour les photos.
- Novembre : le beaujolais nouveau est mis en vente le troisième jeudi de novembre, avec des fêtes dans les villages et à Lyon.
- Hiver : calme, certains caveaux réduisent leurs horaires.
Pour combiner les plaisirs, le Beaujolais s’associe bien, sur un week-end, avec la cité médiévale de Pérouges, à une heure de route vers l’est. Et si vous avez des enfants, le Parc des Oiseaux de la Dombes, de l’autre côté de la Saône, fera une excellente seconde journée.
Questions fréquentes
Combien de temps faut-il pour visiter le Beaujolais ?
Une demi-journée suffit pour une boucle dans les Pierres Dorées, une journée pour y ajouter quelques crus du nord. Pour déguster tranquillement et voir les deux parties du vignoble, un week-end avec une nuit sur place est plus confortable.
Quel est le plus beau village du Beaujolais ?
Oingt, classé parmi les Plus Beaux Villages de France, est le plus réputé. Theizé, Châtillon-d’Azergues ou Ternand sont moins connus mais tout aussi photogéniques, avec moins de monde le week-end.
Peut-on visiter le Beaujolais sans voiture ?
Oui, en partie : le TER mène à Villefranche-sur-Saône et à plusieurs gares du nord, d’où l’on peut continuer à vélo électrique ou à pied. Les excursions guidées au départ de Lyon sont une alternative pratique pour déguster sans conduire.
Faut-il réserver pour une dégustation ?
C’est conseillé. De nombreux domaines familiaux reçoivent sur rendez-vous, et les horaires changent selon la saison et les travaux de la vigne. Un appel la veille évite de trouver porte close.
Quelle est la meilleure période pour visiter le Beaujolais ?
Septembre et octobre sont la plus belle période pour les photos, avec les vendanges puis les couleurs d’automne. Le printemps est plus calme, avec des vignes qui débourrent et peu de monde. Le beaujolais nouveau est mis en vente le troisième jeudi de novembre, tandis qu’en hiver certains caveaux réduisent leurs horaires.
Combien de temps faut-il pour aller de Lyon au Beaujolais ?
Comptez environ 30 à 40 minutes de voiture pour les Pierres Dorées et 50 minutes à 1 heure pour les crus du nord par l’A6, hors bouchons. En TER, Villefranche-sur-Saône se rejoint en une trentaine de minutes depuis Part-Dieu ou Perrache. Roulez doucement sur les routes de vignes, étroites et sinueuses.
Sources
- Destination Beaujolais (office de tourisme) et Géoparc Beaujolais.
- Inter Beaujolais — appellations et crus.
- Les Plus Beaux Villages de France.
- SNCF / TER Auvergne-Rhône-Alpes.
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Temps de trajet, horaires des caveaux et dates indicatifs à la date de mise à jour (automne 2026), à vérifier auprès des domaines et offices de tourisme. L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.

