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Histoire & patrimoine

La colline de Fourvière : l’histoire de la colline qui prie, de Rome à nos jours

En bref — La colline de Fourvière est le berceau de Lyon : la ville romaine y a été fondée en 43 av. J.-C., avant que le plateau ne se couvre de couvents et de vignes, puis de sanctuaires dédiés à la Vierge, au point de devenir « la colline qui prie ». Au-delà de la basilique, elle cache des théâtres antiques, un cimetière romantique, des jardins en terrasses et des montées pavées. Prévoyez une demi-journée : funiculaire à l’aller, descente à pied par les jardins.

Vue de la Presqu’île, elle ressemble à un décor : une silhouette blanche, une tour métallique et un versant boisé qui plonge dans la Saône. La colline de Fourvière est pourtant bien plus qu’une carte postale. C’est le lieu où Lyon est née, où elle a prié, s’est protégée des épidémies, a souffert d’un effondrement meurtrier et s’illumine chaque 8 décembre. Ce chapitre de notre dossier histoire et patrimoine de Lyon raconte la colline entière, de ses origines à ses jardins d’aujourd’hui.

Une colline, un nom, un site

Fourvière domine la rive droite de la Saône d’environ 130 mètres. Son nom viendrait du latin forum vetus, le « vieux forum », souvenir du centre civique de la ville romaine. Le site offrait tout ce que recherchaient les fondateurs : une hauteur défendable, une vue sur les deux fleuves et un accès aux grandes routes. Son sous-sol, en revanche, est fragile : mêlant roches cristallines et dépôts morainiques gorgés d’eau, il a été creusé au fil des siècles de galeries de drainage et reste sous surveillance.

Le berceau romain

En 43 av. J.-C., Lucius Munatius Plancus fonde Lugdunum sur le plateau. Pendant trois siècles, Fourvière concentre forum, temples, riches demeures et monuments de spectacle. Le grand théâtre, l’un des plus anciens de Gaule, et l’odéon voisin sont les témoins les plus visibles de cette époque ; le musée Lugdunum, enterré dans la pente, en présente les collections. Lorsque les aqueducs cessent de fonctionner, à la fin de l’Antiquité, la population quitte le plateau pour les bords de Saône, et l’on commence à ménager des passages à travers les parcelles, embryon des futures traboules dont nous retraçons l’histoire.

La colline qui prie

Au Moyen Âge, le plateau se vide d’habitants mais pas de sens. Les ruines romaines servent de carrière, les vignes et les jardins gagnent du terrain, et une chapelle dédiée à la Vierge s’élève près de l’ancien forum. À partir du XVIe et surtout du XVIIe siècle, couvents et communautés religieuses s’installent sur les pentes : Minimes, Ursulines, Visitandines et bien d’autres. D’où le surnom, opposé à la Croix-Rousse ouvrière, de « colline qui prie ».

Le vœu des échevins de 1643

En 1643, alors que la peste menace la ville, les échevins font le vœu de monter chaque année en procession à la chapelle de Fourvière pour y offrir un écu d’or et des cierges. La tradition se perpétue : chaque 8 septembre, le maire de Lyon ou son représentant renouvelle ce vœu en présence de l’archevêque, un rituel civil et religieux rare en France.

Le 8 décembre 1852

Une statue dorée de la Vierge, œuvre du sculpteur Joseph-Hugues Fabisch, doit être inaugurée au sommet du clocher de la chapelle le 8 septembre 1852. Une crue de la Saône retarde la cérémonie au 8 décembre. Ce soir-là, les Lyonnais placent spontanément des lumignons à leurs fenêtres : la tradition de la fête des Lumières est née.

La basilique et la tour : le XIXe siècle monumental

En 1870, face à la menace prussienne, l’archevêque et des notables font le vœu d’élever un sanctuaire si la ville est épargnée. La basilique Notre-Dame de Fourvière, dessinée par Pierre Bossan, est construite de 1872 à 1884, son décor intérieur se poursuivant pendant des décennies. Presque en face, la tour métallique érigée en 1894, parfois surnommée la « tour Eiffel lyonnaise », sert aujourd’hui de relais de télédiffusion. À la même époque, les funiculaires, que les Lyonnais surnomment les « ficelles », relient le quartier Saint-Jean au plateau, et le cimetière de Loyasse, ouvert au début du XIXe siècle, se couvre de monuments funéraires qui en font un musée à ciel ouvert.

La catastrophe de 1930

Dans la nuit du 12 au 13 novembre 1930, après des pluies abondantes, un pan de la colline s’effondre sur le quartier Saint-Jean, rue Tramassac. Les immeubles ensevelis et l’effondrement qui frappe les secours font une quarantaine de morts, dont de nombreux pompiers et policiers. Ce drame, l’un des plus meurtriers de l’histoire lyonnaise au XXe siècle, a conduit à renforcer considérablement la surveillance et le drainage des balmes, ces versants instables qui bordent la Saône.

Que voir sur la colline aujourd’hui

  • L’esplanade de Fourvière : le belvédère le plus célèbre de la ville, avec table d’orientation ; par temps très clair, les Alpes se dessinent à l’horizon.
  • Les théâtres romains et le musée Lugdunum, à quelques minutes à pied de la basilique.
  • Le jardin du Rosaire, qui descend en lacets vers le Vieux Lyon depuis l’esplanade, idéal pour la descente.
  • Le parc des Hauteurs et la passerelle des Quatre-Vents, ancien ouvrage d’une ligne de funiculaire, avec une vue dégagée vers l’ouest.
  • Le cimetière de Loyasse, pour ses tombes monumentales et le calme de ses allées.
  • Les montées du Gourguillon, du Chemin-Neuf ou des Chazeaux, parmi les plus anciennes rues de la ville, très raides et pavées.
  • Saint-Just et Saint-Irénée, au sud du plateau, pour leurs églises et les souvenirs des premiers chrétiens lyonnais.

La descente mène droit aux rues du Vieux Lyon, où bouchons et traiteurs rappellent pourquoi la ville revendique le titre de capitale de la gastronomie : le meilleur moyen de clore une matinée d’histoire.

Infos pratiques

  • Accès : métro D jusqu’à Vieux Lyon – Cathédrale Saint-Jean, puis funiculaire vers Fourvière ou vers Saint-Just (arrêt Minimes – Théâtres romains). Un ticket TCL standard suffit. À pied depuis Saint-Jean, comptez vingt à trente minutes de montée.
  • Horaires : l’esplanade et les jardins sont accessibles en journée ; les horaires des parcs varient selon la saison.
  • Budget : l’essentiel est gratuit ; seuls le musée Lugdunum et certaines visites guidées sont payants.
  • Meilleur moment : tôt le matin pour la lumière sur la Presqu’île et le calme, ou au coucher du soleil depuis l’esplanade.

Questions fréquentes

Pourquoi appelle-t-on Fourvière la colline qui prie ?

À partir de l’époque moderne, de nombreux couvents et sanctuaires se sont installés sur ses pentes, autour de la chapelle mariale puis de la basilique, par opposition à la Croix-Rousse, surnommée la colline qui travaille en raison de ses ateliers de soierie.

Quelle est l’origine du nom Fourvière ?

Il viendrait du latin forum vetus, le vieux forum, en référence au forum de la ville romaine de Lugdunum qui se trouvait sur le plateau.

Comment monter à Fourvière sans marcher ?

Le plus simple est de prendre le funiculaire depuis la station Vieux Lyon – Cathédrale Saint-Jean, desservie par le métro D ; la montée dure quelques minutes et se fait avec un ticket TCL ordinaire.

Que s’est-il passé à Fourvière en 1930 ?

Le 13 novembre 1930, un glissement de terrain issu des pentes de la colline a enseveli plusieurs immeubles du quartier Saint-Jean, causant la mort d’une quarantaine de personnes, dont de nombreux sauveteurs.

Que voir sur la colline de Fourvière ?

Outre la basilique, comptez l’esplanade et son belvédère, les théâtres romains avec le musée Lugdunum, le jardin du Rosaire, le parc des Hauteurs et la passerelle des Quatre-Vents, le cimetière de Loyasse et les montées pavées comme celle du Gourguillon. Prévoyez environ une demi-journée, avec le funiculaire à l’aller.

Fourvière est-elle gratuite à visiter ?

L’essentiel est gratuit : l’esplanade, les jardins et les montées se parcourent en journée, même si les horaires des parcs varient selon la saison. Seuls le musée Lugdunum et certaines visites guidées sont payants. Le funiculaire demande en revanche un ticket TCL standard ; à pied depuis Saint-Jean, comptez vingt à trente minutes de montée.

Sources

  • Archives municipales de Lyon.
  • Lugdunum – Musée & Théâtres romains.
  • Fondation Fourvière.
  • Ville de Lyon ; ONLYLYON Tourisme et Congrès ; TCL/Sytral.
Montez, regardez, descendez à pied
Réservez une visite guidée de la colline, puis prolongez l’exploration avec notre dossier histoire et patrimoine de Lyon pour relier Fourvière au reste de la ville.

Horaires des parcs, du musée et des funiculaires indicatifs à la date de mise à jour (automne 2026), à vérifier auprès des gestionnaires et des TCL.

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