Lyon et Villeurbanne forment une seule agglomération, séparée par une limite administrative que le visiteur ne remarque presque pas. Pourtant, chacune a laissé sa marque sur le paysage : Lyon par plus de deux mille ans d’histoire superposée, Villeurbanne par une utopie urbaine des années 1930. Ce guide propose des repères pour regarder ces bâtiments avec méthode, sans se limiter aux plus connus, et un parcours simple pour les relier.
Quelle architecture voir à Lyon et à Villeurbanne ?
Quatre grandes familles de bâtiments se côtoient. Il y a d’abord le patrimoine médiéval et Renaissance, concentré dans le Vieux Lyon et sur la colline de Fourvière. Il y a ensuite les grands ensembles classiques et du XIXe siècle de la Presqu’île, avec ses places et ses façades alignées. Vient le modernisme du XXe siècle, dont les Gratte-Ciel de Villeurbanne sont l’exemple le plus abouti. Enfin, l’architecture contemporaine marque le quartier d’affaires de Part-Dieu, la Cité Internationale et la Confluence.
Cette diversité tient à l’histoire de la ville. Le site historique de Lyon est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1998, pour son tissu urbain qui témoigne de l’évolution de la ville depuis l’Antiquité. Pour comprendre ce périmètre et ses parcours, notre dossier sur le patrimoine mondial de Lyon en détaille les contours.
Quels sont les gratte-ciel de Lyon et de Villeurbanne ?
Le mot recouvre deux réalités différentes, et c’est une source de confusion fréquente.
Les tours de Part-Dieu
Le quartier de la Part-Dieu, dans le 3e arrondissement, concentre les tours de bureaux. La tour Part-Dieu, surnommée « le Crayon », mesure 165 mètres et a été construite entre 1972 et 1976. La tour Incity, achevée plus récemment, atteint 202 mètres et reste la plus haute de la ville. Ces immeubles se regardent surtout depuis la rue, à distance, pour saisir leur silhouette dans le ciel de Lyon. Pour approfondir ce secteur, notre guide du quartier de la Part-Dieu en retrace l’histoire et le fonctionnement.
Les Gratte-Ciel de Villeurbanne
À Villeurbanne, « Gratte-Ciel » désigne un quartier, pas un immeuble. Construit entre 1927 et 1934 sous l’impulsion du maire Lazare Goujon, il avait pour but de donner à la commune ouvrière un véritable centre-ville. L’architecte Môrice Leroux en a conçu le plan d’ensemble, dont le Palais du Travail et les immeubles d’habitation, tandis que l’hôtel de ville est l’œuvre de Robert Giroud. Une avenue, bordée d’immeubles de plusieurs étages, mène à cet hôtel de ville. Ces bâtiments sont bien moins hauts que les tours de Part-Dieu, mais ils étaient audacieux à l’époque et l’ensemble garde une cohérence rare. Le sujet est approfondi dans notre article sur la visite du quartier des Gratte-Ciel.
La station de métro Gratte-Ciel, sur la ligne A, permet d’accéder directement au quartier depuis le centre de Lyon. C’est l’une des excursions les plus simples pour un amateur d’architecture.
Que voir dans le quartier des Gratte-Ciel de Villeurbanne ?
Le plus intéressant est de marcher plutôt que de chercher un monument isolé. L’avenue Henri-Barbusse et la place Lazare-Goujon structurent le quartier. On y repère l’hôtel de ville, dont la façade dialogue avec la place, le Palais du Travail et ses volumes, et la manière dont les immeubles alignent leurs balcons, leurs fenêtres et leurs matériaux. Plusieurs de ces édifices font l’objet d’une protection patrimoniale. Le Théâtre national populaire occupe l’ancien Palais du Travail, et l’ensemble relève de l’utopie moderniste.
Pour une première visite, comptez une promenade d’environ une à deux heures. Regardez les angles des immeubles, le rythme des façades, la manière dont l’avenue aboutit à la place et à l’hôtel de ville. Pour situer ce territoire dans son ensemble, notre présentation de Villeurbanne complète cette approche, notamment pour les autres quartiers de la commune.
Quels monuments historiques pour comprendre Lyon ?
Pour lire l’histoire de la ville, quelques édifices donnent les clés. Chacun correspond à une époque et à une fonction.
- La basilique Notre-Dame de Fourvière, dont la première pierre date de 1872 et qui a été inaugurée en 1896, sur la colline qui domine la ville, illustre l’architecture religieuse du XIXe siècle et offre un point de vue sur l’ensemble de Lyon.
- La cathédrale Saint-Jean, dans le Vieux Lyon, mêle des éléments romans et gothiques, et son chantier s’est étendu du Moyen Âge à la fin du XVe siècle.
- Le Vieux Lyon rassemble des maisons de style Renaissance, des cours intérieures et des traboules, ces passages couverts qui relient des rues parallèles à travers les immeubles.
- La place des Terreaux et l’hôtel de ville, au pied de la Croix-Rousse, associent un hôtel de ville du XVIIe siècle, l’ancienne abbaye Saint-Pierre devenue musée des Beaux-Arts et une fontaine monumentale.
- La place Bellecour, la plus grande place de Lyon avec environ 62 000 m², reste un grand espace dégagé au cœur de la Presqu’île.
Pour le détail d’un de ces quartiers, notre guide pour visiter le Vieux Lyon propose des repères de parcours.
Les immeubles de la Croix-Rousse
Sur les pentes de la Croix-Rousse, les immeubles des canuts, les ouvriers de la soie, se reconnaissent à leurs hautes fenêtres et à leurs plafonds élevés, conçus pour accueillir les métiers à tisser. Ils montrent comment l’activité économique façonne l’architecture : ici, la forme découle directement de l’usage. Les traboules de la Croix-Rousse prolongent cette lecture et se parcourent à pied, en respectant les lieux, qui sont souvent des immeubles d’habitation.
Quelles réalisations modernes et contemporaines remarquer ?
L’architecture récente de l’agglomération se concentre autour de quelques opérations.
- La Cité Internationale, dans le 6e arrondissement, au bord du Rhône et près du parc de la Tête d’Or, a été conçue sous la direction de Renzo Piano. Elle abrite notamment le musée d’art contemporain.
- L’Opéra de Lyon associe des façades du XIXe siècle et une coupole de verre, ajoutée par Jean Nouvel lors de travaux achevés en 1993.
- Le musée des Confluences, ouvert en 2014 à la pointe de la Presqu’île, est l’œuvre du bureau d’architectes Coop Himmelb(l)au. Sa structure en cristal et en nuage est l’un des repères contemporains de la ville.
- La Cité Tony-Garnier, dans le 8e arrondissement, est un ensemble de logements des années 1920 et 1930 pensé par l’architecte Tony Garnier, aujourd’hui célèbre pour ses fresques sur les murs.
La Confluence est le grand quartier neuf de la ville, bâti sur d’anciens espaces portuaires et industriels. Pour en comprendre les bâtiments, les formes et les balades, notre guide du quartier de la Confluence propose un parcours complet.
Comment organiser un parcours architectural à Lyon et à Villeurbanne ?
La meilleure manière de comprendre l’architecture est de passer d’une époque à l’autre dans la même journée. Voici un parcours possible, à adapter à votre rythme.
- Matin : le patrimoine historique. Commencez par le Vieux Lyon et sa cathédrale, puis montez à Fourvière si vos jambes le permettent. Redescendez par les rues pour comparer les façades.
- Début d’après-midi : la Presqu’île. Traversez les Terreaux et Bellecour, observez les façades alignées, puis rejoignez la Croix-Rousse si le temps le permet.
- Fin d’après-midi : le modernisme. Prenez le métro A jusqu’aux Gratte-Ciel de Villeurbanne pour une promenade de l’avenue Henri-Barbusse à l’hôtel de ville.
- En complément : le contemporain. Gardez Part-Dieu, la Cité Internationale ou la Confluence pour une autre demi-journée, afin de ne pas tout concentrer.
Ce parcours montre au visiteur ce qui distingue chaque époque : la colline de Fourvière pour le religieux, la Presqu’île pour le pouvoir et le commerce, Villeurbanne pour l’utopie sociale, Part-Dieu pour les affaires. Les Journées européennes du patrimoine, organisées chaque année en septembre, permettent parfois d’entrer dans des lieux habituellement fermés au public : renseignez-vous sur le programme local avant de vous déplacer. Des visites guidées thématiques sont également proposées par les structures touristiques de la métropole.
Comment bien observer l’architecture d’une ville ?
Quelques réflexes rendent la visite plus riche. Levez les yeux au-dessus des vitrines, car les étages conservent souvent les décors d’origine. Observez les matériaux, comme la pierre, la brique, le béton ou le verre, qui indiquent l’époque et les moyens de la construction. Regardez la façon dont un bâtiment s’inscrit dans la rue ou sur la place, car un édifice se juge aussi par ce qu’il fait au quartier. Enfin, revenez voir le même lieu à un autre moment de la journée : la lumière change la lecture des volumes et des reliefs.
Les erreurs à éviter
- Se limiter aux tours, en oubliant les places, les cours et les immeubles ordinaires.
- Visiter en voiture sans prendre le temps de marcher : l’architecture se découvre à pied.
- Entrer dans une traboule ou une cour sans respect pour les habitants.
- Confondre le spectaculaire et l’intéressant : un bâtiment discret peut en dire davantage qu’une tour.
- Négliger Villeurbanne, souvent oubliée des parcours touristiques.
Questions fréquentes
Quels sont les plus hauts gratte-ciel de Lyon ?
La tour Incity, avec 202 mètres, est la plus haute tour de Lyon. La tour Part-Dieu, surnommée le Crayon, mesure 165 mètres. Toutes deux se situent dans le quartier d’affaires de la Part-Dieu, dans le 3e arrondissement. Ce sont des immeubles de bureaux qui s’observent de l’extérieur, depuis les rues et les places voisines.
Que signifie Gratte-Ciel à Villeurbanne ?
À Villeurbanne, le nom Gratte-Ciel désigne un quartier du centre-ville construit entre 1927 et 1934 sous l’impulsion du maire Lazare Goujon, avec l’architecte Môrice Leroux. Il comprend une avenue, un hôtel de ville, un Palais du Travail et environ 1 450 logements. Les immeubles sont bien moins hauts que les tours de Part-Dieu.
Comment aller aux Gratte-Ciel de Villeurbanne depuis le centre de Lyon ?
La ligne A du métro dessert la station Gratte-Ciel, qui donne directement accès au quartier depuis le centre de Lyon. Le trajet est simple et ne demande généralement pas de correspondance depuis la Presqu’île. Pour les horaires, les fréquences et les tarifs, consultez le site du réseau TCL avant votre départ.
Quand le site historique de Lyon a-t-il été classé à l’UNESCO ?
Le site historique de Lyon est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1998. Le périmètre couvre notamment le Vieux Lyon, la colline de Fourvière, la Presqu’île et les pentes de la Croix-Rousse. Cette inscription reconnaît la continuité de l’urbanisation lyonnaise sur plus de deux millénaires.
Peut-on visiter Lyon et Villeurbanne à pied pour voir l’architecture ?
Oui, une grande partie du parcours se fait à pied : Vieux Lyon, Fourvière, Presqu’île et quartier des Gratte-Ciel de Villeurbanne. Le métro permet de relier les secteurs éloignés, comme Part-Dieu ou la Confluence. Prévoyez des chaussures confortables, car la ville comprend des pentes, notamment à Fourvière et à la Croix-Rousse.
Quand découvrir des bâtiments habituellement fermés au public à Lyon ?
Les Journées européennes du patrimoine, organisées chaque année en septembre, ouvrent souvent des lieux habituellement fermés au public, ou proposent des visites guidées spécifiques. Le programme précis, les horaires et les éventuelles réservations varient d’une année à l’autre : consultez les sites de la Ville de Lyon et de l’office de tourisme avant de vous déplacer.
Sources
- UNESCO — site historique de Lyon, patrimoine mondial (1998)
- Ville de Lyon — patrimoine et architecture
- ONLYLYON Tourisme et Congrès – fiches des Gratte-Ciel, de l’Opéra, de Fourvière et de la Cité Tony Garnier
- Ville de Lyon – fiches de la place Bellecour, de la cathédrale Saint-Jean et de l’hôtel de ville
- Ministère de la Culture — Journées européennes du patrimoine

